Devoir Parisien : Le Beaujolais c’est « Capitale »

En 1949, sur une idée d’Edouard Herriot, le Beaujolais allait monter sur Seine. Dans des costumes de Léon Foillard, une mise en scène de Lucien Degouttes, et des décors de Marcel Trompier, la pièce intitulée " le Devoir Parisien " allait faire un triomphe. Plus de 60 ans après elle est plus que jamais à l’affiche.Cette année 1949 voit la création du premier Devoir des Compagnons du Beaujolais, le " Devoir Parisien ".
On se réunira rue Saint-Marc à l’enseigne du restaurant " Anne de Beaujeu " que venait de reprendre Marcel Trompier, né à Villié-Morgon. Directement sur la nappe on inscrivit des noms, des noms de " pays " eux aussi " émigrés " dans la capitale. Enfant de Fleurie et entrepreneur en plomberie, Louis Baloffet fut le premier couché sur le papier. Louis Bouchacourt, né à Juliénas et négociant à la Halle aux Vins de Paris, Jean Laneyrie, industriel en télé, natif de Chaintré, suivirent. Puis plus tard, Jean Denojean qui " cumulait " les fonctions d’industriel en textiles médicaux et de vigneron à Fleurie. Dès la réunion constitutive au " Moulin-à-vent ", chez Henri Chavannes, les " conspirateurs " du Beaujolais (parmi lesquels figurait le jeune Roland, fils de Louis Bouchacourt) décident de privilégier l’esprit fraternel, égalitaire, et quelque peu libertaire, du Beaujolais. Et c’est chez Marcel Trompier que l’on se donna, après dîner, un premier président, appelé Prévôt, en la personne de Louis Baloffet.

Louis Baloffet et Jean-Pierre Benoit

Fernand Portier, Jean-Pierre Benoit, Louis Baloffet et Maurice Poirier

Tout un symbole, pour ce Devoir Parisien qui alignera près d’une cinquantaine de baptêmes du Beaujolais Nouveau, d’abord dans cette Halle au Vin créée pour que Paris soit la capitale des vignobles de France puis dans de nombreux autres endroits. Des galas de charme au Carré Marigny, puis au Château de Chaumontel, au Pavillon d’Armenonville ou au Pavillon Dauphine, furent les temps forts qui égrenèrent la saison Beaujolaise parisienne, sous le regard des amoureux de Peynet qui égayaient les " unes " des menus de ces soirées bien pérennisées dans le temps par une équipe renouvelée. Le " clan des postiers " avec Fernand Portier, âme du Devoir Parisien, et Maurice Guillou, sut tenir le cap, soutenu par Georges Bruneau l’inventeur fondeur de la tasse en étain de la Saint-Vincent, Henri Pontillon, puis son fils Guy, tous fidèles et dévoués au Prévôt Jean-Pierre Benoît.

Aujourd’hui, tous ont quitté le terroir des " bons vivants " pour passer au pays de la vendange éternelle, celle des vignes du Seigneur. Ensemble, à un jour d’intervalle, Emile Chaufour, dynamique secrétaire, et Maurice Grandsard, les ont aujourd’hui rejoints. Puis plus récemment Jacques Tissot et Louis Prin.Mais si dans les cours leurs places restent vides, Jean-Pierre Portier, fils de Fernand et spécialiste du commerce international, devient à son tour Prévôt, (le 3éme). Il guidera une équipe restée fidèle à l’esprit tracé par ses prédécesseurs, une famille unie et jalouse de l’authenticité de son héritage. Un héritage qu’il saura protéger de l’érosion du temps et de l’oubli.

En janvier 2006, après plus de vingt ans aux postes de Vice-prévôt puis de Prévôt, il opte pour l’honorariat et cède sa place à Jean-Jacques Tachoire, fils de vigneron, puis à Jean-Alain Moreaux, fonctionnaire international. C’est aujourd’hui Patrick Barzic, chef d’entreprise,  viticulteur à Palaiseau et membre de nombreuses confréries qui détient le cep de Prévôt du Devoir parisien.

Patric Barzic, le Prévôt du Devoir Parisien